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La poésie du rail

Sur proposition du Parlement européen, la Commission Européenne a décidé de faire de 2021 l’année européenne du rail et des mobilités douces, et d’encourager les initiatives européennes autour de ces sujets. La plateforme Les Oiseaux de Passage y participe avec tous ceux qui souhaitent se joindre à nous : sous la forme de voyages, d’itinéraires, de séjours et de découverte de tous les imaginaires autour du train.

Imaginaire sur le rail - image libre de droit Pixabay
Imaginaire sur le rail – image libre de droit Pixabay

Pour vous, qu’est-ce qui se cache derrière le mot « rail » ? Un moyen de transport, un train à quai, le fourmillement d’une gare, atteindre sa destination…

Le mot rail ça sonne dans les oreilles comme un long sifflet et un train qui se met lentement en marche. C’est les vacances, les retrouvailles, le retour à la maison et le départ pour l’inconnu… L’inconnu déjà rythmé par les paysages qui défilent par les fenêtres.

Cela peut aussi être le connu ou le reconnu. Un trajet qu’on a fait 100 ou 1000 fois, mais qui continue de nous faire rêver parce que le mouvement, les couleurs et les sons qui passent au travers d’un corps qui observe, ça pourrait être la matérialisation-même de l’imagination. Pourquoi ne pas penser la fenêtre du train comme la porte magique qu’on entrouvre dans sa tête…

Les mêmes arbres, les mêmes bâtiments au dehors, mais ce qui se passe à l’intérieur n’est jamais identique : jamais la même place, les mêmes gens, les mêmes odeurs, le même état d’esprit. Alors on tire le fil du paysage pour sortir de ses pensées, pour s’évader de cette journée peut-être, lisser ou faire vibrer ses émotions. On tire le fil du rail pour sortir ou entrer plus profondément en soi-même, accompagné par les tremblements du wagon et de l’horizon, les sourires ou les soupirs des voyageurs autour.

Le train, c’est un voyage dans le temps, un entremêlement de rétrospectives, de moments présents et de mouvements vers le futur. C’est aussi un voyage « avec » le temps : dans le train, on prend le temps de vivre. On choisit tous d’une manière ou d’une autre de s’accorder du temps sur le rail, de ne plus juste se sentir en équilibre sur un fil.

Un visage concentré sur des papiers, un stylo entre les mains. Un autre qui cherche de l’inspiration ou une échappatoire, les yeux perdus dans le paysage et les doigts en suspens sur son clavier. Prendre le temps de faire les choses qui nous prennent l’esprit, essayer de s’en libérer pour l’arrivée : se sentir plus léger. D’autres visages dont les yeux sont fermés, l’expression paisible (et même parfois ronflante), laissent leurs têtes dodeliner au rythme du train. Le voyage comme berceuse, temps de répit et rêves endormis.

Dans d’autres rangées, ça papote, ça rigole, l’excitation est palpable. La course lente du train comme moyen de se préparer, planifier, rêver ensemble des moments à venir. C’est un espace pour s’occuper ensemble, partager des discussions, un repas sur le pouce. Devenir créatif, inventer des jeux pour éloigner l’ennui dans les rires, quelques larmes vite séchées et les « chhht » avoisinants.

Un visage plongé dans un livre, les yeux gourmands de récits et d’autres mondes croisent le regard et le sourire un peu gêné de son voisin, acrobate qui se glisse vers les toilettes. D’autres yeux suivent la course folle des paysages, de la musique dans les oreilles et un film dans la tête : le rêve de cultiver un tout autre champ des possibles. Quant à cette moue rêveuse, les yeux dans le vague, elle observe tous les autres visages et donne une histoire à chacun.

Les gens du métro - image libre de droit Pixabay
Les gens du métro – image libre de droit Pixabay
Lecture dans le train - image libre de droit Pixabay
Lecture dans le train – image libre de droit Pixabay
Personnes assises attendent le train - image libre de droit Pixabay
Personnes assises attendent le train – image libre de droit Pixabay

Voyager en train nous donne l’impression de maîtriser notre temps, de savoir quand on monte et quand on descend… pour finalement nous rappeler que la vie est faite d’imprévus.

Penser ce temps dans le train comme un espace de liberté et de partage, cela permet de se donner de l’espace à soi-même et aux autres pour faire avancer ou ralentir des choses, prendre du recul, se détendre, créer… Tout en se laissant porter vers sa destination.

En somme, le train c’est l’expérience d’un double voyage : un moyen de locomotion doux, qui invite le voyageur à s’inventer dès la montée des marches et de continuer à rêver à destination. Ou en embarquant sur la route d’autres mobilités douces !

On fait la queue des gens pressés-impatients-prévoyants pour descendre les marches du train. Avec un mélange de soulagement et de regret, on quitte tour à tour ce petit monde pour entrer dans un autre espace de possibilités.

Foule qui descend d'un train - image libre de droit Pixabay
Foule qui descend d’un train – image libre de droit Pixabay

Puisqu’au fil du rail, les infrastructures et les usages se réinventent sans cesse. Les chemins de fer deviennent voies vertes, parcourues par des cyclistes tintinnabulants de tous types. Les anciennes gares sont réhabilitées en lieux de fêtes, d’art, de culture et de partage. Les visages se croisent, s’interpellent, s’interrogent, et se rêvent encore et toujours au travers de chacune de leurs histoires.

Voyager sur le rail, à côté, au-dessus ou en dessous, se laisser conduire tout en choisissant comment on veut vivre le voyage seul et ensemble, se donner des possibilités de découverte et de surprise.

C’est comme cela que nous appréhendons l’année du rail 2021 !

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